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« À l’orée du bois », Huile sur toile, 130 × 120 cm, 2025.

"À l'orée du bois", Huile sur toile, 130 × 120 cm, 2025. Dans une forêt d'un bleu évanescent, une lumière tamisée, des arbres aux feuilles d'automne clairsemées, un sol aux couleurs contrastées. Noir, rouge, vert, violet, rose, jaune. Paysage, nature, forêt. Beauté, poésie. L'orée, ce mot dit tout. Ni dedans ni dehors. Ni forêt fermée ni plein air. Un espace de seuil, de transition, de passage entre deux états du monde. Dans cet entre-deux où la réalité commence à se dissoudre dans la sensation. La composition est frontale et immersive, le format presque carré crée une présence physique forte, on ne peut pas embrasser la toile d'un seul regard, on doit se déplacer, parcourir, habiter. Les troncs gris-beige s'élèvent verticalement, structurant l'espace en profondeur sans jamais l'ordonner, ils sont des colonnes naturelles qui soutiennent une canopée de lumière et de branches nues. La lumière blanche au centre est le foyer de la composition, irradiation douce, source invisible, clarté d'entre-saison qui traverse les troncs et les branches sans s'y accrocher. Cette lumière dit l'heure précise, ni matin ni après-midi, cet instant de la journée d'automne ou d'hiver où la lumière est totale et égale, sans ombre dure, sans direction marquée. Les branches nues calligraphiques, noires, légères, tracées avec une liberté et une précision simultanées, forment un réseau aérien qui dialogue directement avec Lacis et Biome sous contrainte. Mais ici, moins de tension, moins de contrainte, les branches s'inscrivent dans un espace plus respirable, plus lumineux, moins saturé. Ce sont les mêmes arbres mais dans un autre état, non plus sous contrainte mais à l'orée, libres de leur déploiement. Et sur ce réseau de branches et de lumière, les feuilles. Rouges, oranges, jaunes vifs, taches chaudes précises et généreuses, suspendues dans l'espace bleu-blanc comme des flammes ou des oiseaux. Ces feuilles sont peintes avec une attention et une joie particulières, chacune est un événement chromatique autonome, une présence vive dans la lumière froide. Elles ne tombent pas, elles flottent, tenues par le regard du peintre. Le fond bleu-lavande, entre ciel et espace forestier, entre dehors et dedans, est traité en touches larges et souples qui laissent voir le travail de la main. Ce bleu n'est pas uniforme : il varie du blanc lumineux au centre vers des bleus plus profonds sur les bords, créant une profondeur atmosphérique subtile qui donne à la composition sa respiration. Le sol est une frise colorée dense, verts, mauves, roses, oranges, rouges, végétation basse en pleine lumière d'automne, traitée avec une liberté gestuelle proche de l'abstraction. Ce premier plan botanique précis et libre ancre la composition dans une réalité terrestre concrète avant que le regard ne monte vers la légèreté aérienne des branches et des feuilles.
Jean louis Garcin, « A l’orée du bois »,Huile sur toile, 130 X 120 cm, 2025