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Un hymne à la nature, à la vie.

Portrait, L'AJJ, octobre 2019
Portrait, L’AJJ, octobre 2019

P. B.

PORTRAITL’AJJ n°832 • Octobre 2019


Un hymne à la nature, à la vie

Jean-Louis Garcin

Jean-Louis Garcin est enseignant et peintre. Et rien ne pourrait le faire renoncer à l’une ou l’autre de ces activités. Elles sont pour lui indissociables. Tout juste diplômé de l’école des Beaux-arts de Marseille au début des années 80, le peintre et cinq de ses amis créent l’association Dinosart qui répond à leur besoin de partager leur approche de l’art. Aujourd’hui encore, ce lieu installé non loin du Palais Longchamp est son atelier-galerie et Jean-Louis fait partie de l’univers graphique et visuel entre Marseille et Aubagne. Sa vision artistique demeure dans la cocréation, le partage.

En mai dernier, les Aubagnais ont pu découvrir sa peinture à la Ressourcerie Le Dirigeable où il avait choisi de présenter une vingtaine de tableaux. Cette exposition pourrait résumer, à elle seule, le projet de l’artiste : permettre à tout un chacun d’avoir accès à l’art. Parmi les œuvres exposées figurait un triptyque qui partira dans quelques jours pour Florence. Jean-Louis Garcin figure parmi les artistes sélectionnés pour la 12e Biennale d’Art Contemporain de Florence. Il en est extrêmement honoré, un peu étonné.

« C’est une véritable bouteille à la mer, dit-il avec une grande modestie, c’est très valorisant, cette reconnaissance. »

Cela permet enfin de révéler son travail et l’homme qu’il est, après toutes ces années, d’un travail de fourmi. Il prépare ce moment depuis un an. Il lui a fallu du temps pour retenir la peinture qui irait à Florence.

« Je n’ai pas choisi une peinture pour la Biennale mais pour un instant, et maintenant j’y vais en me laissant porter. »


« Pour la Biennale de Florence, je n’ai pas choisi une peinture, mais un instant. »


Ce triptyque dit beaucoup de l’homme et du chemin parcouru depuis l’enfance. Jean-Louis Garcin n’aime pas faire de grands discours sur son œuvre. Il préfère que les visiteurs s’y plongent. Au récit de sa vie, on note l’importance de la trilogie composée de sa maman, sa grand-mère et sa sœur jumelle.

« Cette trilogie s’est petit à petit immiscée dans ma peinture via la couleur, explique le peintre, via des paysages construits dans la mémoire. »

Alors qu’il aurait pu se tourner vers le côté obscur de l’existence, il prend le parti de la vie, de la couleur et de nature. Sa peinture respire la renaissance. On y retrouve ce petit quelque chose de Botticelli dans la construction des tableaux, la douceur des visages. Il dit aussi son amour de la couleur avec Bonnard. On y trouve surtout une nature luxuriante qui nous emmène dans un pays qui pourrait ressembler au Japon sans qu’il n’y ait jamais installé un chevalet. Des cerisiers en fleurs, des geishas tout droit sorties d’un voyage imaginaire.

« Je passe du corps à la nature, du motif à la réalité. Des taches appellent un graphisme. »

Le désir d’apprendre, aimer les livres en les touchant, en les respirant sont, n’en doutons pas, à l’origine de sa peinture. Et avec elle, il nous fait sentir, respirer la nature et le lien fragile qui existe avec l’Homme. Il nous emplit d’un bonheur fait de mille couleurs.


Jean-Louis Garcin, à la Ressourcerie Le Dirigeable, devant le triptyque qui sera exposé à la Biennale d’art contemporain de Florence du 18 au 27 octobre.

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Ma démarche artistique

Le travail de Jean-Louis Garcin s’inscrit dans une démarche de recherche continue, où la peinture est envisagée comme un espace d’expérimentation perceptive, matérielle et chromatique. Son œuvre propose une expérience de ralentissement et de suspension, invitant le regard à circuler dans des espaces picturaux ouverts, non narratifs, fondés sur la sensation, la mémoire et la durée.

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